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Aperçu historique

L’Ouzbékistan a une histoire riche qui remonte à plusieurs millénaires, chaque époque ajoutant un motif distinctif à la mosaïque en évolution constante de ce pays d’Asie Centrale.

L’Antiquité

De mystérieuses gravures sur les pierres des montagnes paradisiaques du Tian Shan racontent comment l’homme s’y est installé à l’Âge de Pierre, tandis que les terres fertiles de la vaste vallée s’étendent entre les puissantes rivières Amu Darya et Syr Darya.

C’était un lieu de répit, bienvenu pour les premiers agriculteurs qui pouvaient laisser leurs moutons et leurs chèvres paître dans ces pâturages luxuriants. Puis un savant réseau de canaux d’irrigation fut établit dans la région au fil du temps.

Ces anciennes colonies ont ensuite fait partie de grands Empires tels que l’Empire Kushan, la Sogdiana et la Bactria qui régnaient sur de vastes étendues en Asie Centrale et au-delà.

Alexandre le Grand est arrivé ici avec ses guerriers en 328 av. J.-C. et la riche vallée de Ferghana a rejoint l’empire gréco-bactrien. Alexandre a apprécié la région pour son emplacement stratégique, bien que les légendes parlent d’une raison plus romantique : il semblerait qu’une beauté locale, la princesse Roxane, ait capturé le cœur du puissant conquérant.

Les destins de ces anciens empires étaient étroitement liés. Au carrefour des civilisations, les peuples de la steppe, de l’Inde, de l’Iran, de la Chine et même de la Grèce se sont rencontrés, échangeant biens, idées et compétences.

Des ruines mystérieuses et des reliques montrent que les pratiques du zoroastrisme, du manichéisme, du bouddhisme et du christianisme par les divers peuples de ces terres coexistaient.

La route de la soie

La légendaire Route de la Soie, avec ses caravanes, ses chameaux et ses précieux produits, prospéra rapidement à cet endroit, amenant un flot incessant de marchands désireux de vendre des épices exotiques, du cuir, du bétail et bien plus encore. Mais la Route de la Soie a toujours été bien plus qu’un itinéraire commode pour les commerçants ; les voyageurs de l’Est et de l’Ouest passaient par cette voie, s’arrêtant dans les riches oasis de Samarkand et de Boukhara.

Ces centres ouverts et éclectiques se sont rapidement développés pour devenir des centres culturels dynamiques qui ont vu naître de nombreuses caractéristiques, typiques de l’artisanat ouzbek moderne d’aujourd’hui.

L’Âge d'Or

Une nouvelle inspiration est venue avec les Arabes et l’avènement de l’Islam au 7ème siècle. Les quelques centaines d’années à venir se sont révélées être une période intense de développement artistique et intellectuel et, du 9ème au 15ème siècle, l’Ouzbékistan a connu une période de prospérité incomparable.

Cette période appelée l’Âge d’Or est une période d’immenses réalisations culturelles et scientifiques grâce à de grands érudits tels que le mathématicien exceptionnel Al-Khwarizmi (environ 780 – environ 850), le père de la médecine moderne, Avicenne (980-1037) et bien sûr, l’homme d’esprit universel Al-Biruni (973–1050). Ces esprits brillants ont non seulement façonné la pensée de l’Asie Centrale, mais ont également influencé la science et la philosophie européennes au cours des siècles qui ont suivi.

L’un des dirigeants les plus puissants du monde musulman, Timour (ou Tamerlan, 1336-1405), fonda l’Empire Timouride. Timour lui-même invita les meilleurs artisans et penseurs d’Asie Centrale et au-delà, à venir vivre et travailler dans sa nouvelle capitale, Samarkand, pour y développer tout leur art et leurs techniques. 

Des villes magnifiques, chefs-d’œuvre de l’architecture islamique, sont sorties du sable. Les mosquées, les madrasas et les mausolées ont été conçus et décorés par les plus grands artisans de leur temps. Aujourd’hui, les visiteurs peuvent encore s’émerveiller devant la complexité des carreaux bleus et turquoise des magnifiques villes de Boukhara et de Khiva, désormais classées au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

C’est le petit-fils de Timour, le sultan et brillant mathématicien Ulugh Beg, qui établit Samarkand comme un centre d’apprentissage de premier plan et réalisa même une cartographie des étoiles depuis son incroyable observatoire dans les collines voisines.

Aujourd’hui, le musée de l’observatoire d’Ulugh Beg abrite certains des instruments médiévaux d’époque utilisés par ce scientifique inspiré. Les connaissances se propagèrent à partir d’ici le long de la Route de la Soie jusqu’à Byzance, Constantinople, puis jusqu’en Europe, où la cartographie des étoiles d’Ulugh Beg fut même étudiée dans des universités réputées, notamment à Oxford, au Royaume-Uni.

Un autre dirigeant timuride, Babur, fonda ensuite l’Empire Moghol, réputé pour son syncrétisme culturel des influences islamiques et hindoues, culminant dans l’époustouflant Taj Mahal, construit par l’un des descendants de Timour.

Les écoles de peinture miniature ont également prospéré sous les Timurides, et le style dramatique et intense qui a évolué ici resta inégalé.

Mais l’Âge d’Or ne pouvait pas durer éternellement. Au 17ème siècle, les terres de l’Ouzbékistan actuel tombèrent dans des Khanates en conflit, devenant une proie facile pour l’Empire russe en pleine expansion qui annexe la région en 1874.

L'ère soviétique

L’Union soviétique a apporté des changements majeurs à l’économie de l’Ouzbékistan, qui fut alors axée sur la production de coton ainsi que la culture des fruits et légumes destinés au grand marché soviétique.

De nombreux métiers traditionnels, notamment le tissage de la soie et la broderie, ont été marginalisés au profit de techniques plus commerciales et le climat politique a contraint de nombreux artisans à travailler dans la clandestinité, cachant leurs ateliers et enseignant leurs savoir-faire en secret.

Les différentes lignées familiales ont fait en sorte que ces anciens métiers ne disparaissent pas complètement et puissent continuer à vivre à ce jour, fièrement transmis de génération en génération.

Les archéologues ont commencé à découvrir et à restaurer de nombreux trésors perdus, y compris certaines des plus célèbres merveilles architecturales d’Ouzbékistan, l’Observatoire Ulugh Beg, par exemple, et le mausolée de Tamerlan à Samarkand, qui font aujourd’hui partie du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Grâce à leur travail, nous pouvons continuer à nous émerveiller devant ces bâtiments majestueux.

L’Ouzbékistan aujourd'hui

Aujourd’hui, l’Ouzbékistan est une république indépendante avec une population jeune et mobile.

Depuis que le pays a acquis son indépendance, beaucoup a été fait pour restaurer le patrimoine national en créant des musées, des centres culturels et des ateliers où les artisans réalisent des œuvres d’une beauté exceptionnelle.

Bien que de nombreux métiers traditionnels tels que le tissage de la soie, la céramique et les peintures miniatures sont restés intacts, d’autres n’existent plus. Certains artisans s’efforcent donc à présent de les faire revivre ou de rétablir des techniques disparues depuis la nuit des temps, en étudiant avec dévouement les manuscrits et le secret des gestes des maîtres anciens, tout en expérimentant de nouvelles techniques grâce aux matériaux modernes pour créer de superbes œuvres d’art fidèles à leur patrimoine.

L’héritage de la Route de la Soie est encore vivant dans l’Ouzbékistan d’aujourd’hui, un pays fascinant où diverses cultures se sont mélangées et enrichies pendant des millénaires.

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